RETURN TO VIMY RIDGE 1917-2017

 

 

RETOUR À LA CRÊTE DE VIMY (1917-2017)

Nous sommes arrivés à Paris-Charles-de-Gaule vers 8 h 30, le 2 avril. Après quelques heures passées à chercher notre chemin et les personnes à suivre, on nous dirige finalement vers quatre autobus, deux pour les Transmissions et deux pour les Artilleurs, qui allaient nous transporter pendant ce voyage. Avant de monter dans l’autobus, on nous a donné un sac-repas contenant une bouteille d’eau, une pomme, un sac de croustilles et la pièce de résistance… un sandwich baguette. Après 4 h 30 passées dans l’autobus depuis l’aéroport, nous arrivons à notre premier site à visiter, Juno Beach. À la Maison des Canadiens, toujours debout, on vend des souvenirs et on reçoit des dons pour la préserver. La plage offre une vue incroyable, lorsque l’on sait ce qui s’est passé le 6 juin 1944. Un monument a été érigé en mémoire des soldats tombés et le drapeau du Canada est en plein milieu, haut dans le ciel. L’un des postes défensifs est encore intact si les gens veulent le voir, tout comme un certain nombre de plaques commémoratives et de photos avec une description de ce qui s’est passé le jour J. Après une heure d’observation et de marche sur la plage, l’autobus nous a tous emmenés à notre hôtel pour les deux prochaines nuits. Nous avons marché dans le centre-ville pour trouver un endroit où souper; nous avons finalement trouvé un petit endroit qui s’appelait Le Clou de Girofle. La nourriture était délicieuse. C’était la première fois que je mangeais un steak mi-saignant cuit correctement… Délicieux!

Nous sommes partis de l’hôtel à 9 h pour aller au Centre Juno Beach. Le guide connaissait vraiment son sujet et était très intéressant. Il savait exactement quoi faire pour capter notre attention. Chaque année, ils embauchent des étudiants canadiens pour être guides pour le Centre pendant six mois. La visite a commencé par une marche et une discussion dans un ancien poste de commandement souterrain et poste d’observation. Le tunnel du poste de commandement a été découvert par un chien en 2010. Ils l’ont déterré… Vingt mille tonnes de sable plus tard, ils ont pu le préparer pour l’ouvrir au public. Les murs et le toit du poste d’observation sont construits avec deux mètres de ciment et se trouvaient au point le plus haut afin de voir la plage et les environs à 360°. Lorsque la marée montait, l’eau atteignait le poste d’observation et les enfants s’en servaient pour sauter dans l’eau. Maintenant, l’eau est bien trop loin pour l’atteindre et le sable forme un mur devant le poste d’observation. On ne pourrait plus rien voir de celui-ci maintenant. Fait intéressant, le Mur de l’Atlantique a été construit par les Allemands avec des travailleurs forcés et s’étendait sur 6 000 km. Il y avait une mitrailleuse tous les 100 mètres et des chars, etc. Il s’agissait du plus gros projet jamais entrepris par des hommes. Pour vous donner une idée de la longueur de ce mur, rendez-vous compte que la distance entre Halifax et Vancouver est de 5 000 km… Ajoutez 1 000 km… Et vous obtenez un mur plus long que le Canada! Ensuite, nous sommes rentrés dans le Centre. Très beau musée, avec beaucoup de choses à voir, mais la chose la plus intéressante était le vidéo de 12 minutes à la fin de la visite qui s’appelait : We walk with them. Il vous fait vivre les jours de la bataille et, à la fin, vous voyez une famille qui marche et des soldats « fantômes » qui marchent derrière elle, sur la plage. Moment d’émotion! J’ai d’ailleurs versé une petite larme et j’ai eu la chair de poule. Cela a donné un ton complètement différent à la visite, d’une très bonne façon.

Le cimetière de Beny était un lieu remarquable. Les mêmes pierres tombales partout, avec le nom, l’âge, la date, le corps de métier, l’unité du soldat mort et une petite citation en bas. Toutes affichent ces mêmes renseignements, sauf 20 d’entre elles qui représentent les tombes des soldats inconnus. Il y a 181 pierres tombales d’artilleurs canadiens dans le cimetière de Beny. Une croix commémorative se trouve en plein milieu du cimetière où, aujourd’hui, nous avons placé une gerbe pour le 100e anniversaire de Vimy, ainsi qu’un drapeau d’artillerie sur chaque tombe d’artilleur. C’est une scène que je n’oublierai jamais. On voit toute la fierté de ce lieu dans la manière dont ils s’en occupent, c’est indescriptible.

Nous nous sommes arrêtés à la D-Day Academy qui est un musée touche-à-tout. On peut tout essayer! Des vêtements, des véhicules en état de marche ayant servi pendant la guerre, des pièces d’avion, des armes… Tout ce qui a trait à l’invasion se trouve sûrement dans ce musée. L’académie est la collection privée de Jean-Pierre Benamou. C’est son père qui l’a commencée, et à l’âge de 9 ans, il montait sur son vélo à la recherche de toute sorte de pièces dans les champs et fermes des environs. M. Benamou est un chirurgien-dentiste maintenant à la retraite. Il a écrit des livres et c’est un passionné de l’histoire des invasions. Il nous a également donné un éclat d’obus tiré pendant le jour J et découvert sur la plage. Son équipe dit qu’il est le plus grand connaisseur en la matière. Il se souvient de tout et peut tout décrire avec tant de détails qu’on s’y croirait. C’est une personne très humble et respectée qui adore partager sa passion. Prochaine étape : l’abbaye d’Ardenne!

L’abbaye d’Ardenne était un point fort du 12e Régiment SS pendant la guerre commandé par le colonel Kirk Myer. Les Allemands pouvaient voir jusqu’à l’océan du haut de cet édifice du XIIIe siècle qui comprenait alors la plus haute tour d’une église, maintenant reconvertie en une bibliothèque. Les bâtiments sont toujours là et toujours impressionnants avec leurs portes massives. La partie la plus intéressante de l’abbaye était le jardin où 20 soldats canadiens ont été exécutés d’une balle dans la tête. On pense que plus de 130 soldats canadiens ont été assassinés par le 12e Régiment SS. Les photos de ces 20 soldats sont affichées au mur et une brève description de chaque soldat se trouve sur un autre mur.

Le Point 67 (crête de Verrière) est l’endroit où l’Armée canadienne a brisé la colonne vertébrale de l’Armée allemande lors de l’opération Blackwood. Trois équipes mixtes britanno-canadiennes d’OOA ont participé à l’opération. Un monument commémoratif se dresse sur une dalle de ciment avec la feuille d’érable canadienne à cet endroit, avec la phrase suivante : Well may the wheat and sugar-beet grow green and lush upon its gentle slopes, for in that half-forgotten summer the best blood of Canada was freely poured out upon them (Que le blé et la betterave à sucre poussent et abondent sur ses douces pentes, car durant cet été à moitié tombé dans l’oubli, le sang canadien le plus pur y a coulé à flots). Une phrase qui parle d’elle-même lorsque l’on sait combien de sang canadien a été versé à cet endroit en 1944. Notre guide touristique, Brian Reid, écrit un livre à la mémoire des Canadiens qui ont participé à ces combats et explique plus en détail les événements qui se sont déroulés ici. Jetez-y un coup d’œil (nom du livre). De retour à l’hôtel, nous sommes allés au restaurant appelé La Courte Paille, où la cuisine est sur grill. La nourriture a été bonne jusqu’à minuit… Misère! Je n’ai jamais autant vomi mes tripes : intoxication alimentaire!

Nous sommes partis du Novotel à 8 h 30 pour nous rendre à Dieppe. Ce n’est pas le genre de plage auquel on s’attend… C’est très joli, mais ce n’est pas du sable. Ce sont des pierres, exactement comme les graviers de chez nous, mais en plus gros! C’est le résultat de l’érosion des falaises aux alentours. De gros morceaux de rochers sont tombés dans l’eau et le mouvement de l’eau les casse et les dépose sur le rivage. Ces rochers étaient aussi très problématiques pendant la guerre, car ils se prenaient dans les chenilles des chars et les immobilisaient. La marée est également spectaculaire, car elle monte d’environ 20 pieds. Après deux heures d’autobus, nous arrivons à notre hôtel, l’Europe Hotel. Les chambres sont belles, et la vue est exceptionnelle, directement sur la plage de Dieppe.

Pour la dernière visite de la journée, nous sommes allés au cimetière de Dieppe où huit artilleurs canadiens sont enterrés parmi d’autres soldats du Commonwealth morts sur cette plage. Certaines tombes indiquent que les soldats sont enterrés ici. Il s’agit de celles qui disposent de suffisamment de renseignements, mais sans vraiment savoir l’endroit précis. On remarque également que certaines rangées ont deux pierres tombales dos à dos. Il s’agit des soldats que les Allemands ont enterrés durant la guerre, et les rangées avec une seule pierre tombale sont celles des soldats ayant été enterrés après. Il y a une pierre tombale avec deux noms inscrits. Il s’agissait de frères, morts durant la guerre à deux plages différentes, mais leur famille a demandé à ce qu’ils soient enterrés ensemble. Avez-vous remarqué que toutes les pierres tombales sont les mêmes? Elles représentent les pays qui se sont battus pour le Commonwealth. Les tombes ont une courbe différente selon les nationalités pour facilement les différencier les unes des autres. Les croix noires sont les tombes des Allemands, les croix blanches celles des Français). Fait intéressant, le SMB Gresl nous a demandé de mettre quelque chose sur la tombe d’un parent si nous arrivions à le trouver, un certain colonel Labatt. Après avoir regardé dans les livres, en vain, nous avons demandé à l’un des guides touristiques. Il a dit : « Ah oui, il était commandant de char. Son char n’a pas pu atteindre la plage, il a essayé de nager jusqu’à la rive, ses hommes pouvaient le voir, et après, il a disparu ». Donc, son nom doit être inscrit sur le mémorial à Bayeux que, malheureusement, nous n’avons pas pu visiter.

Première chose au programme ce matin, le jardin du mémorial de Passchendaele. Bref rappel à propos de Passchendaele : ce fut la première fois où l’on a utilisé du chlore gazeux. Les Canadiens y ont survécu en urinant sur leur mouchoir pour éliminer le chlore. Dans ce jardin, lorsque nous sommes arrivés, nous avons remarqué des morceaux de bois de 2 po x 4 po qui sortaient du sol et qui ne ressemblaient pas à grand-chose, jusqu’à ce que l’on regarde la carte. Vues du ciel, ces planches de 2 po x 4 po représentent un coquelicot; il y en a un pour chaque nation ayant combattu.

Nous nous sommes rendus à Ypres pour voir le Monument commémoratif Tyne Cot qui constitue la dernière demeure de 12 000 militaires du Commonwealth; 8 300 demeurent non identifiés. À la limite est du cimetière, se dresse le Monument commémoratif Tyne Cot sur lequel est inscrit le nom de quelque 35 000 officiers et hommes de la force du Royaume-Uni et de la Nouvelle-Zélande qui n’ont pas de tombe connue ou dont les corps n’ont pas été retrouvés. Un mémorial majestueux, et un site effrayant.

Ensuite, nous sommes allés au In Flanders Field Museum qui se trouve dans une ancienne cathédrale qui a été complètement reconstruite. Vous recevez un bracelet lorsque vous inscrivez votre nom et, à un certain endroit dans le musée, si vous avez un lien avec une personne ayant fait la guerre, il la trouvera pour vous ou vous communiquera certains faits différents, etc. À l’instar des autres musées, celui-ci était très grand avec beaucoup de choses à voir, mais ce qui a vraiment capté notre attention était la statue d’un cheval avec des projectiles d’artillerie sur son dos. C’était une belle œuvre. Fait intéressant, la ville d’Ypres a été complètement démolie par la guerre et a été reconstruite, d’abord, entièrement en bois. Ypres s’appelle aujourd’hui Leper!

Nous avons dû nous changer pour porter notre uniforme des FC pour la cérémonie d’Ypres qui se déroulait à 20 h. Comme chaque nuit, depuis environ 1927, une cérémonie a lieu pour célébrer la mémoire des soldats tombés au combat. CHAQUE NUIT. Des brochures indiquent les horaires et les personnes présentes pour déposer une gerbe, etc. Il y avait à peu près 300 personnes présentes à la cérémonie cette nuit-là, des enfants de tous âges aux Anciens combattants venus de partout. Comme d’habitude, l’Armée avait réservé une navette pour nous ramener à la fin de la cérémonie… On ne l’a jamais vue! Sans surprise, nous avons bu au bar le plus proche en attendant que l’autobus arrive…

Nous nous sommes réveillés tôt ce jeudi matin pour aller voir l’un des plus beaux monuments que nous avons vus jusqu’à présent : Saint-Julien. Il s’agit d’un buste de soldat, regardant vers le sol, les mains posées sur la crosse de son fusil. Le monument se dresse à 11 mètres de haut et fait face au côté duquel l’attaque au gaz provenait lors de l’assaut de Passchendaele. À sa base, les noms des villes environnantes sont inscrits comme une boussole. Les détails du visage du soldat sont étonnants.

Après deux heures dans l’autobus, nous avons fait un bref arrêt au cimetière d’ADANAC… Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, c’est le mot CANADA à l’envers. Trois mille deux cents militaires de la Première Guerre mondiale reposent ici, dont plus de 1 700 demeurent non identifiés. Il y a un récipiendaire canadien de la Croix de Victoria qui est enterré ici, savez-vous de qui il s’agit? Il est mort à l’âge de 20 ans, le 9 octobre 1916. Son nom est James C. Richardson. Il était cornemuseur pendant l’attaque. Fait intéressant, si vous faites bien attention à ce qui vous entoure lorsque vous conduisez, vous pourriez apercevoir des petits cimetières ici et là, dans un champ ou dans les bois avec 4 à 10 pierres tombales de soldats enterrés là où on les a trouvés.

Ensuite, nous continuons notre route vers le Newfoundland Memorial Park où une visite guidée nous attendait. Le site a été conservé depuis la guerre. On peut voir les tranchées, la ligne de départ, le champ de bataille sur lequel ils ont combattu et où presque toute la 51e division d’infanterie trouva la mort le 1er juillet. En 30 minutes, en moins de 500 mètres, environ 85 % de la division se fera tuer avant d’annuler l’attaque. On peut également voir le ravin en Y qui représente l’endroit où les Allemands étaient cachés et réapprovisionnés par cet obstacle naturel. Le site abrite un grand caribou fabriqué en bronze dressé sur un rocher. En bas, de petites flèches pointant vers les différents cimetières et mémoriaux indiquant la distance, telle une boussole. Les guides nous ont également lu certaines histoires personnelles et voici une citation que nous avons vue dans le petit musée.

Remembering (Souvenir)

A Man’s destination is not his destiny, (La destination d’un homme n’est pas sa destinée)

Every country is home to one man (Un homme appartient à un seul pays)

And exile to another. (Et s’exile vers un autre)

Where a man died bravely (Lorsqu’un homme tombe avec bravoure)

At one with his destiny, that soil is his. (En ne faisant qu’un avec sa destinée, cette terre lui appartient)

Let his village remember. (Que son village se souvienne…)

De retour dans l’autobus, nous continuons la route et remarquons un grand bâtiment à l’horizon. Il s’agissait de notre prochaine destination. Cela m’a rappelé le Manitoba; on le voit tout au long du chemin, mais il faut quand même deux heures pour y arriver. Le monument de Thiepval est le lieu où sont inscrits les noms de 73 367 officiers et militaires de l’Armée britannique tombés au champ de bataille de la Somme de juillet 1915 à février 1918. Derrière le monument se trouvent les pierres tombales, la majorité d’entre elles étant de soldats inconnus.

Notre première visite de la journée était le plus grand cimetière que nous avons visité, et certainement le plus grand que nous visiterons pendant notre séjour. Ici, 44 830 soldats allemands sont enterrés dans ce cimetière appelé Neuville-Saint-Vaast. Une entreprise privée entretient ce cimetière et essaie de le garder intact grâce à des dons, contrairement à tous les autres cimetières que nous avons visités qui étaient entretenus par le Commonwealth.

Quand on pense qu’on ne peut rien voir de plus spectaculaire, quelque chose de différent réveille nos consciences… Cette fois-ci, ce fut la Nécropole nationale de Notre-Dame-de-Lorette. Ici, 40 000 soldats sont enterrés, mais contrairement au cimetière allemand, chaque soldat a une croix sur sa pierre tombale, c’est pour cela qu’il est plus grand. La taille peut vous tromper parfois. Il y a également deux fosses communes marquées de deux énormes carrés qui contiennent respectivement 4 563 et 5 649 soldats inconnus. Puis, nous sommes entrés dans une sorte de tour où se trouvaient huit tombes de soldats ayant combattu pendant diverses guerres : deux pour la guerre d’Algérie, deux pour la guerre d’Indochine, deux pour la Première Guerre mondiale et deux pour la Deuxième Guerre mondiale. On y trouve également les cendres de soldats nazis. Nous poursuivons notre visite du site vers le Mémorial de Notre-Dame-de-Lorette. Ce mémorial rend hommage à la mémoire des soldats tombés dans le Nord-Pas-de-Calais entre 1914 et 1918. Ici, 580 000 noms sont inscrits par ordre alphabétique, sans aucune distinction de grade ou de nationalité, anciens ennemis et alliés côte à côte. Nous avons même vu des Doucet et des Poulin! J Après avoir fait le tour du mémorial, nous sommes allés à la Chapelle de Lorette. Un coup d’œil étonnant avec trois monuments. Peints avec des paillettes d’or que seule une photo peut décrire.

De retour dans le bus, nous nous rendons au Musée Guerre et Paix. Ce musée était l’un des plus intéressants que nous ayons visité, car il traitait en détail de chaque guerre et de chaque site que nous avions vu au cours des deux jours précédents. Donc, bien sûr, nous n’y sommes pas restés longtemps. Mais je vous le suggère fortement si vous y allez, c’est GRATUIT! Nous avons terminé notre journée en rendant hommage aux volontaires polonais qui sont tombés sur les Collines d’Artois le 9 mai 1915. On a demandé à l’un des membres de ce voyage, Scott Clarke, de déposer une gerbe. La nuit précédente, il s’est rendu au centre-ville pour acheter des fleurs pour déposer au pied du monument, mais tout était fermé. Alors, il a abordé une femme et sa fille qui avaient trois fleurs dans leurs mains et leur a demandé si elles savaient où il pourrait acheter des fleurs en expliquant la situation dans un français très approximatif. La fille a ensuite traduit à sa mère, qui a alors donné à Scott une de ses fleurs, car rien n’était ouvert aux alentours. Elles ne voulaient rien en retour, et après leur avoir donné quelques petites épinglettes canadiennes et les avoir remerciées chaleureusement, nous avions notre gerbe pour la cérémonie.

Une autre journée intéressante… Mais parlons du souper de notre groupe! Nous nous sommes tous retrouvés dans cet hôtel pour le souper et l’on nous a demandé de nous mélanger aux invités d’honneur. Je me suis assis juste en face de M. Beno et Poulin s’est assis avec le Lcol Irving et le colonel commandant. M. Beno a commencé à faire le tour de la table, à demander nos noms et l’endroit d’où nous venions. Lorsque je lui ai dit qu’on m’appelait Deuce, il a dit « Sûrement pas! Vous êtes au moins un deux tonnes et demi! ». Le souper était très bon, nous avons bu des verres, échangé des histoires et nous avons bien ri! À la fin du souper, mon nouvel ami Beno se met à crier dans toute la dalle : Deux tonnes et demi, viens ici, je veux te présenter quelqu’un! Poulin et moi marchons dans sa direction et le voilà, debout aux côtés de M. Romeo Dallaire. Il a fait les présentations ainsi : Romeo, voici Deux tonnes et demi! Romeo me sert la main en ricanant et dit : « C’est une Grosse Bertha! » Nous avons discuté un moment, puis on a commencé à chanter des chansons telles que Screw Guns et Bonhomme, sous la direction de M. Dallaire lui-même. Nous nous sommes bien amusés vraiment. Voici les paroles traduites de Screw Guns.

Fumant ma pipe, sur les harnais, aspirant l’air frais du matin,

Je vais, les jambes dans mes vieilles guêtres brunes, à côté de ma vieille mule brune,

Avec soixante-dix artilleurs derrière moi, et jamais un copain n’oublie,

Que c’est l’élite de l’Armée seule qui manie les chers petits joujoux.

Car tous vous aimez les culassiers, les culassiers qui tous vous aiment!

Et quand nous lançons notre appel avec quelques bordées, naturellement vous saurez que faire. Hoo! Hoo!

Hâtez-vous d’envoyer votre chef et rendez-vous. Ce sera pire si vous combattez ou si vous fuyez.

Vous pouvez aller où vous voudrez, vous pouvez grimper aux arbres, mais vous n’échapperez pas aux canons.

On vous envoie là où il y a des routes, mais le plus souvent aussi là où il n’y en a pas.

Nous grimpons le long d’un poteau d’enseigne, et nous nous fions à la peinture pour tenir.

Nous avons pourchassé le Naga et le Looshai, nous donnons des crises à l’Afridi.

Car nous nous imaginons valoir deux mille, nous, les canons faits de deux morceaux.

Car tous vous aimez les culassiers, les culassiers qui tous vous aiment!

Et quand nous lançons notre appel avec quelques bordées, naturellement vous saurez que faire. Hoo! Hoo!

Hâtez-vous d’envoyer votre chef et rendez-vous. Ce sera pire si vous combattez ou si vous fuyez.

Vous pouvez aller où vous voudrez, vous pouvez grimper aux arbres, mais vous n’échapperez pas aux canons.

Quand un homme ne fait pas sa besogne, parbleu! Nous le dressons et nous lui apprenons à se conduire.

Si un coquin ne peut pas marcher, parbleu! Nous le tuons, et l’envoyons d’un coup sec dans la tombe,

Il faut que vous soyez à la hauteur de votre besogne, que vous sautiez sans secousse ni bruit,

Vous dites que nous suons avec les canons de campagne? Parbleu, il faudra que vous fassiez de la mousse avec nous.

Car tous vous aimez les culassiers, les culassiers qui tous vous aiment!

Et quand nous lançons notre appel avec quelques bordées, naturellement vous saurez que faire. Hoo! Hoo!

Hâtez-vous d’envoyer votre chef et rendez-vous. Ce sera pire si vous combattez ou si vous fuyez.

Vous pouvez aller où vous voudrez, vous pouvez grimper aux arbres, mais vous n’échapperez pas aux canons.

 Fumant ma pipe, sur les harnais, aspirant l’air frais du matin,

Je grimpe, les jambes dans mes vieilles guêtres brunes, à côté de ma vieille mule brune,

Le singe peut dire ce qu’était notre route. La chèvre sauvage sait où nous avons passé.

Restez tranquilles, vieilles chéries aux longues oreilles! Dételez!… A mitraille! Tenez ferme.

Car tous vous aimez les culassiers, les culassiers qui tous vous aiment!

Et quand nous lançons notre appel avec quelques bordées, naturellement vous saurez que faire. Hoo! Hoo!

Hâtez-vous d’envoyer votre chef et rendez-vous. Ce sera pire si vous combattez ou si vous fuyez.

Vous pouvez aller où vous voudrez, vous pouvez grimper aux arbres, mais vous n’échapperez pas aux canons.

Le grand jour est arrivé, nous allons à VIMY! Deux heures d’autobus, et nous voilà arrivés. Le soleil était haut dans le ciel et très chaud; nous rentrons dans la file d’attente qui, de prime abord, ne semblait pas si mal… Jusqu’à ce que nous remarquions qu’il s’agissait d’une sorte de serpent entre tous les autobus. Ceci étant, trois heures plus tard, nous prenons enfin l’autobus navette pour nous emmener à Vimy. Nous arrivons sur les lieux, il y a déjà des milliers de personnes. Certains d’entre nous ont pu aller sur le monument pendant un court moment, d’autres ont pu simplement le regarder à 50 pieds… Un peu déçus, car Vimy était l’événement phare de notre séjour et parce que nous y étions uniquement le jour du défilé, nous n’avons pas eu l’occasion de voir les tunnels et d’autres choses, car tout était fermé pour la cérémonie. Ce fut tout de même une expérience incroyable que de faire partie d’un tel événement. Des avions des années 1940 volaient au-dessus de nous, les membres de la famille royale étaient là, tout comme Justin Trudeau. Après la cérémonie, c’était une autre histoire. Quatre heures d’attente pour prendre la navette, les gens poussaient, car ils avaient hâte de partir d’ici… Imaginez, 50 000 personnes qui essaient de monter dans quatre autobus, qui arrivera le premier… C’était du grand n’importe quoi! MDR

Comme on dit, toutes les bonnes choses ont une fin. Nous partons à 6 h du matin, 3 à 4 heures de route jusqu’à l’aéroport et notre avion décolle à 10 h… Donc, si vous faites le calcul, vous remarquez que nous n’avons pas trop de temps pour embarquer dans l’avion. Les adieux furent brefs, mais intenses, puis nous nous sommes dépêchés de rentrer pour passer la sécurité et faire tout le train-train de l’aéroport. En bref, nous avons rencontré des gens formidables, créé de nouvelles relations qui dureront toute la vie et tissé des souvenirs que nous chérirons et partagerons pour le reste de nos vies avec nos familles, nos amis et nos collègues. Merci de cette opportunité et peut-être d’autres à venir lors d’un prochain voyage! Au plaisir!